Le supplément "Economie" du Figaro du 5 Décembre nous informe que "Le monde mange plus qu'il ne récolte, les pénuries menacent". L'Europe est devenue pour la première fois importatrice de céréales, la sécheresse a sévi en Australie, l'Inde suspend son exportation de tous les riz sauf le Basmati, les stocks mondiaux ont chuté, le Mexique a connu des émeutes suite à l'élévation du prix du maïs, de nombreux pays d'Afrique connaissent des restrictions nouvelles... On rapporte dans un supermarché Carrefour de Chine une bousculade suite à une promotion sur l'huile qui a fait une dizaine de morts.
Parmi les facteurs responsables : la poussée massive de l'urbanisation (pour la première fois dans l'histoire en 2007 on compte plus d'urbains que d'habitants des campagnes), la montée des biocarburants... Depuis 2000 le prix du blé a triplé et celui du riz doublé dans les pays pauvres, et l'on prévoit encore des augmentations, probablement à revoir à la hausse en fonction des changements climatiques.
Faire de meilleurs choix alimentaires est un facteur fondamental de la maîtrise du surpoids, de la vitalité quotidienne, de la prévention des maladies, d'une longévité en forme. C'est aussi crucial pour la protection de l'environnement.
Cela va aussi devenir une clé dans notre capacité d'adaptation à la situation de crise alimentaires qui apparaît.
Rappel des grandes lignes : acheter malin, éviter les produits industriels enrichis en sucres rapides, graisses saturées, sel, faire un dîner léger sans protéines animales, préférer les produits frais, le bio, les aliments artisanaux et locaux, refuser de s'assoir stressé à table, remplacer les "prédations déplacées" sur la nourriture par une redynamisation de son développement personnel tous azimuts (affectif, sexuel, culturel, socio-professionnel...).
En faisant de tels choix les consommateurs peuvent devenir moteurs d'un assainissement global de l'agriculture (plus de bio, moins de cultures et d'élevages surintensifs polluants et hyper-coûteux), de l'industrie agro-alimentaire, de la distribution, du climat socio-politique et promouvoir une diversification salutaire vers des produits de qualité.
Ils peuvent aussi participer eux-mêmes à restaurer les traditions de cultures vivrières : petits jardins, arbres fruitiers, pots de plantes aromatiques sur son balcon, son toit, même des potagers verticaux sur des murs, une technique de plus en plus développée.
Est-ce réaliste ? Oui, les exemples de réussite sont déjà là comme celui que nous donnent les habitants de Saint-Pétersbourg qui cultivent une quantité non négligeable de ce qu'ils consomment sur leurs toits.