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Des chercheurs du King's College de Londres ont suivi 2400 jumeaux. En mesurant un marqueur très précis du vieillissement, la longueur des "télomères", petits bouts de gènes qui raccourcissent avec l'âge, ils ont pu montrer que les personnes qui passent 199 minutes par semaine dans des activités physiques ont un âge biologique inférieur de 10 ans à ceux qui n'y consacrent que 16 minutes. L'indice de masse corporelle (représentatif de la masse grasse), le fait de fumer, le statut socio-économique et le degré d'activité au travail n'altèrent pas ce puissant rapport entre la propension au mouvement, aussi retrouvée à Okinawa, et la longévité.
Dans les vieux diktats de la nutrition on trouve encore largement en circulation qu'il faut consommer quotidiennement des produits laitiers afin d'obtenir suffisamment de calcium pour ses os. La quasi totalité des asiatiques qui ne consomment pas ou très peu de produits laitiers et qui connaissent un taux d'ostéoporose nettement inférieur au nôtre démentent ce diktat depuis des millénaires. Quand on y regarde de plus près le battage qui est derrière le lait est surtout entretenu par l'industrie et par experts rétribués interposés. Or, les protéines du lait sont les plus fréquemment incriminées dans les intolérances alimentaires, elles favorisent l'absorption des graisses du repas (même quand le lait est écrémé), il y a deux fois trop de phosphore par rapport au calcium, le sucre du lait le lactose est un facteur de cataracte et de dégénérescence des nerfs, les produits laitiers augmentent la sécrétion d'insuline, ce qui a des effets négatifs sur le poids, les cancers et le risque de maladie d'Alzheimer (les dépôts dans le cerveau étant dégradés par la même molécule qui nous débarrasse de l'excès d'insuline), sans compter les produits polluants que l'on retrouve dans le lait des vaches qui n'ont jamais vu ni l'air ni l'herbe...
Les consommateurs français commencent à prendre des distances par rapport à cette recommendation désuette. En 1997 ils consommaient 400 kg de produits laitiers par an, 10 ans plus tard plus que 371 kg. La consommation de lait a baissé de 20%, celle de beurre de 12%. Par contre celle des yaourts, déjà beaucoup plus intéressants de par la fermentation, surtout s'ils sont faits avec du lait bio et des souches de bifidus ou de lactobacillus (et sans un centimètre de confiture au fond du pot), a augmenté de 50%
Il y a beaucoup de produits riches en calcium qui n'ont pas de les inconvénients des produits laitiers et qui contiennent plus de bonnes choses comme les sardines entières (des oméga trois), les amandes et leurs dérivés (des fibres et du magnésium), l'eau minérale (zéro calories et du magnésium), le lait de soja enrichi ou le tofu (des phytooestrogènes protecteurs contre les cancers du sein et de la prostate), les olives (acides gras mono-insaturés), de nombreux légumes (antioxydants), les algues (iode)... Quant aux fromages qui font partie au combien de notre culture gastronomique, mieux vaut les déguster en petite quantité : une lichette avec un bon verre de vin rouge que d'en consommer des quantités. Cette orientation du choix des consommateurs de préférer la qualité à la quantité touche de plus en plus de produits, comme le vin rouge, le chocolat, le café... L'orientation vers les produits frais, bios, de terroir, artisanaux, d'origine contrôlée, labelisés... prend de l'ampleur.
Vous pouvez retrouver des développements sur les questions des produits laitiers, de leurs inconvénients et des alternatives dans le livre de Thierry Souccar : Lait, mensonges et propagande et dans le chapitre dédié aux Produits laitiers de Okinawa, un programme global pour mieux vivre qui vient de reparaître dans Le Livre de Poche.
"Une vie saine peut accroître la longévité de 14 ans", titre Le Figaro du 9 Janvier. Le Medical Research Council et l'Université de Cambridge ont étudié depuis 1993 mode de vie et mortalité de 20 244 hommes et femmes âgés de 45 à 79 ans. Un score d'un point est donné à ceux qui ne fument pas, un autre point à ceux dont la consommation d'alcool est modérée, un autre à ceux qui consomment au moins 5 fruits et légumes par jour et un dernier peut être attribué à ceux qui pratiquent un exercice physique d'une demi-heure par jour.
Le risque de mortalité précoce de ceux qui n'ont aucun point par rapport à celle qui en ont 4 est multipliée par 4,4. Pour ceux qui ont un score de 1 elle est multipliée par 2,52, de 2 par 1,95 et de 3 par 1,39.
Au total adopter ces quatre comportements protecteurs est associé avec une espérance de vie de 14 ans supérieure, le risque de décès précoce d'une personne qui ne les suit pas à 60 ans étant celui d'une personne de 74 ans qui les suit.
Le professeur Khaw précise que ces gains potentiels concernent toute la population car ils ne sont que très peu affectés par d'autres facteurs comme le poids ou l'origine sociale.
Arte vient de diffuser "Le Monde selon Monsanto", une enquête de Marie-Monique Robin : un exemple édifiant de "business de la mort". Après le PCB, l'agent orange de sinistre mémoire au Vietnam, l'hormone de croissance bovine, tous carcinogènes, l'empire des OGM cherche seulement à établir un contrôle mondial des semences : maïs, soja, riz, blé, pomme de terre, tomate... avec des semences brevetées, chères, qu'il est interdit de replanter sous peine de poursuites. Ces plantes résistantes sont arrosées copieusement de Round Up, l'herbicide le plus utilisé au monde, produit aussi par Monsanto, et présenté de manière frauduleuse comme biodégradable. Peu d'OGM ont été admis en Europe. Mais les cultures transgéniques couvrent déjà 100 millions d'hectares et ont contaminé des espèces naturelles, comme des espèces de maïs dans son berceau, le Mexique et ils arrivent de manière détournée, illégale, dans de nombreux pays. On vient de découvrir des contaminations dans des produits à base de riz vendus en France. La majorité des tourteaux donnés aux animaux des élevages européens sont faits avec ces plantes transgéniques, contenant du Round Up.
Les cadres de Monsanto ont infiltré de nombreuses commissions de l'administration, payé des scientifiques pour qu'ils réalisent des études manipulées, lancé des rumeurs sous de noms de faux scientifiques contre les chercheurs qui ont émis des avis défavorables ou obtenu directement ou indirectement la réduction de leur budget, comme Christian Vélot de l'Université d'Orsay, ou même leur licenciement, comme Arpad Pusztai, en Angleterre ou Shiv Chopra, au Canada.
Après l'amiante, le mercure retrouvé dans la plupart des poissons gras, les éthers de glycol dans les peintures, le paraben dans les cosmétiques, la vache folle, le PCB dans les rivières françaises, les scandales de nombre de médicaments comme le Viox ou le Prozac, on retrouve le même mécanisme : des études cachées aux commissions, des commissions infiltrées, des autorités qui ont penché plus du côté des intérêts commerciaux que de ceux de la santé des consommateurs... La conclusion : s'informer et s'occuper de sauver son air, son eau, son environnement, sa nourriture, sa santé et ne pas s'en remettre aux seuls experts, politiques et industriels.
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