Les
publications pleuvent sur la vitamine D. Les cours de médecine qui en
étaient restés à l'absorption du calcium vont avoir besoin d'un sérieux
coup de jeune... Mais si ce n'était que sur la vitamine D....
On
pourrait tout de même commencer par elle, car on sait maintenant
qu'elle est nécessaire pour différencier les cellules responsables de
nos défenses anti-infectieuses, les lymphocytes, qu'elle joue des rôles
anti-cancer multiples, et que son déficit estimé toucher de 30 à 85% de
la population selon les catégories, augmente les risques de tumeurs du
sein, de la, prostate et du colon.
On
lui a découvert des rôles cellulo-protecteurs, analogues à ceux
d'hormones, en particulier au niveau des gènes, qui expliqueraient sa
capacité de réduire les risques de diabète, de sclérose en plaques,
mais aussi de réduire la mortalité globale, toutes causes confondues.
Nous avons déjà rendu compte d'une méta-analyse montrant une réduction
de 70% de la mortalité chez les personnes qui prennent tous les hivers
pendant au moins 6 ans une supplémentation.
Mais
ce n'est pas fini, que néni : elle est aussi cardioprotectrice, elle
réduit la dépression saisonnière, elle ralentit le raccourcissement des
télomères, de petits bouts de gènes qui, sont décapités à chaque
division cellulaire. Quand il n'y a plus rien, la cellule ne peut plus
se régénérer et c'est l'un des mécanismes fondamentaux de la
sénescence, du cancer et de la mort. Rien que cela...
On devrait vraiment se le mettre dans la tête.. surtout que le tête pourrait aussi en profiter.
C'est
le sujet d'une étude dont rend compte le Quotidien du Médecin du 29 Mai
2009. On apprend donc grâce à des chercheurs anglais que notre système
D, pardon, notre vitamine D, est aussi capable de protéger nos
neurones, qu'elle retarde le vieillissement de l'hippocampe, une
structure essentielle pour la mémoire.
Deux
études avaient déjà montré que les patients touchés par la maladie
d'Alzheimer qui ont des taux bas de vitamine D font des performances
cognitives plus mauvaises.... Ah, bon, on entend dire tout le temps que
la maladie d'Alzheimer est une fatalité qui ne se prévient pas.
Une
étude chez des patients âgés, qui n'ont pas la maladie d'Alzheimer,
mais qui consultent pour leur mémoire, décèle que des taux de vitamine
D élevés sont associés à de meilleures performances au Mini Mental
State Examination (MMSE).
Et
donc, enfin, arrivent nos chercheurs britanniques, qui ayant fait le
tour de cette littérature, décident de creuser la question en suivant
3133 hommes. Résultats : trois test cognitifs et un test sur le
ralentissement psychomoteur confirment que plus les taux de vitamine D
diminuent, plus les performances se dégradent.
Quand
la santé publique française va-t-elle sortir de son paradigme Débile
(espérons-le pas indélébile) : "les compléments alimentaires ne servent
à rien, ou pourraient être dangereux, mangez varié, tout ira bien"... ?
"Hein, qu'est-ce que t'a dit ?'"