LEMONDE.FR 02.06.11

La Commmission européenne a levé mercredi soir la mise en garde lancée contre les concombres espagnols soupçonnés d'être à l'origine de l'épidémie.REUTERS/DAVID W CERNY
Alors que le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) a confirmé, jeudi 2 juin, avoir identifié la bactérie à l'origine de l'épidémie de diarrhée partie d'Allemagne, le bilan a encore augmenté.
La dernière victime, une dame âgée de 81 ans, est morte dans la nuit de mercredi à jeudi, selon une porte-parole de l'hôpital allemand où elle avait été admise. Ce nouveau cas porte le bilan total de l'épidémie à dix-sept morts en Allemagne, dix-huit au total, en incluant une patiente morte mardi en Suède. La cause de la contamination est toujours à l'étude, précise l'ECDC.
Des centaines de nouveaux cas sont déclarés en Allemagne et d'autres continuent également d'être signalés dans le reste de l'Europe, notamment aux Pays-Bas, et jusqu'aux Etats-Unis. Sept cas de contamination par la bactérie E.coli, qui ont tous un lien avec l'Allemagne, ont été répertoriés au Royaume-Uni, annonce, jeudi, l'Agence nationale de protection de la santé.
AUCUN LIEN A PRIORI AVEC LE DÉCÈS EN FRANCE
En France, l'autopsie de l'homme d'une quarantaine d'années mort subitement dans les Vosges, peu après avoir mangé un sandwich, n'ont pas permis d'établir les raisons du décès ni de confirmer l'éventuelle présence de la bactérie tueuse. "Pour le moment, nous n'avons aucune raison de croire qu'il s'agit de la bactérie tueuse qui sévit en Allemagne, mais nous ne sommes pas en mesure de l'exclure non plus", a expliqué le substitut du procureur d'Epinal, Jean Richert.
Des expertises épidémiologiques et toxicologiques ont été ordonnées par le parquet, qui a ouvert une enquête préliminaire. "Elles nous diront de quoi cette personne est morte mais il n'y aura pas de résultats avant le début de la semaine prochaine au moins", a ajouté le procureur de la République d'Epinal, Bernard Marchal.
"PAS SEULEMENT DES CONCOMBRES"
La Commmission européenne a levé, mercredi soir, la mise en garde lancée contre les concombres espagnols, soupçonnés d'être à l'origine de l'épidémie. La Russie, elle, a interdit, l'importation des légumes frais en provenance de tous les pays de l'UE.
Bruxelles a qualifié la situation de "crise grave", ajoutant que tout doit être mis en œuvre pour identifier le plus rapidement possible la cause de l'épidémie.La Commission européenne parle également de "crise de consommation partout" en Europe, avec "une diminution radicale de la consommation de fruits et légumes, et pas seulement des concombres", selon un de ses porte-parole. L'origine de la bactérie n'est toutefois toujours pas identifiée et cette incertitude ne va pas contribuer à redonner confiance aux consommateurs.

En France, c'est la sécheresse qui met cette année tout le monde agricole dans une situation critique. Les ventes de concombres ont chuté de 80 % en quelques jours, le cours de la tomate de 20 %. En Belgique aussi les ventes se sont également effondrées.AFP/Jorge Guerrero