De retour aux Antilles pour une conférence sur l'incontournabilité du magnésium, des acides gras oméga trois et des antioxydants dans la prescription médicale après 2 ans d'absence, je vois avec plaisir une nette progression de la conscience environnement-santé. Dans le numéro de France-Antilles de ce Mercredi 16 Avril 2008, on lit : "Les élèves oeuvrent pour le développement durable".
Durant toute l'année scolaire les élèves de l'école Fernande-Bonchamps en Guadeloupe travaillent sur le thème Un fruit, une goutte d'eau. Ils jouent un rôle actif dans des ateliers informatifs et pratiques sur le tri des déchets. Lors d'un goûter "sans emballage", les enfants sont venus avec des gourdes pour leurs boissons. Une initiative proposée sur l'ensemble des Antilles par le pharmacien et spécialiste de phytothérapie Henry Joseph : créer des réseaux de troc pour les fruits et légumes que beaucoup ont en quantité excessive pour leur consommation personnelle dans leurs jardins. Ceux-ci sont alors échangés dans des paniers, ce qui donne un coup de pouce à un artisanat local traditionnel. Dans le même numéro de France-Antilles on annonce la "Jouné Ziyamn" Dimanche à l'Anse Tabarin. Stands d'exposition culinaire, dégustations et conférences avec la Chambre d'Agriculture et l'INRA sur l'igname (comme tout légume-racine très intéressant dans l'optique de développement durable). Le lycée Massabielle à Pointe-à-Pitre lance une nouvelle filière technique qui fera la part belle aux Sciences et Vie de de la Terre et aux orientations sanitaires et sociales. Enfin, à la Maison Famiale Rurale du Lamentin, Max Ludger, enseignant de vie civique, sociale et culturelle transmet des outils pour mieux vivre dans le cadre du programme "La Santé des Jeunes". "Les jeunes consomment de l'alcool, des stupéfiants, se nourrissent de frites et boivent des boissons gazéifiées sucrées... Or, une bonne scolarité passe par une bonne alimentation"...
La revue Capital sort un numéro Hors-Série en Avril 2008 sur Environnement - l'état de la planète, les solutions pour la sauver. Je le recommande, il est très bien fait. Dur, mais réaliste. Et tant que nous ne quitterons pas nos illusions que nous allons bien "passer au travers" sans changement majeur, nous continuerons à laisser s'aggraver les choses, jusqu'au difficilement ou au peu probablement réparable. Le début de la solution est la prise de conscience de suffisamment d'individus pour que cela bouge. Ce numéro y contribue, en particulier sur des thèmes économiquement vitaux : l'énergie, les matières premières, les rivières, les mers, les forêts, les terres agricoles, les déchets, la pollution par les entreprises, la qualité de la construction, les transports et l'alimentation avec un chapitre salutaire : "Ce que chacun de nous peut faire".
Des chercheurs du King's College de Londres ont suivi 2400 jumeaux. En mesurant un marqueur très précis du vieillissement, la longueur des "télomères", petits bouts de gènes qui raccourcissent avec l'âge, ils ont pu montrer que les personnes qui passent 199 minutes par semaine dans des activités physiques ont un âge biologique inférieur de 10 ans à ceux qui n'y consacrent que 16 minutes. L'indice de masse corporelle (représentatif de la masse grasse), le fait de fumer, le statut socio-économique et le degré d'activité au travail n'altèrent pas ce puissant rapport entre la propension au mouvement, aussi retrouvée à Okinawa, et la longévité.
Dans les vieux diktats de la nutrition on trouve encore largement en circulation qu'il faut consommer quotidiennement des produits laitiers afin d'obtenir suffisamment de calcium pour ses os. La quasi totalité des asiatiques qui ne consomment pas ou très peu de produits laitiers et qui connaissent un taux d'ostéoporose nettement inférieur au nôtre démentent ce diktat depuis des millénaires. Quand on y regarde de plus près le battage qui est derrière le lait est surtout entretenu par l'industrie et par experts rétribués interposés. Or, les protéines du lait sont les plus fréquemment incriminées dans les intolérances alimentaires, elles favorisent l'absorption des graisses du repas (même quand le lait est écrémé), il y a deux fois trop de phosphore par rapport au calcium, le sucre du lait le lactose est un facteur de cataracte et de dégénérescence des nerfs, les produits laitiers augmentent la sécrétion d'insuline, ce qui a des effets négatifs sur le poids, les cancers et le risque de maladie d'Alzheimer (les dépôts dans le cerveau étant dégradés par la même molécule qui nous débarrasse de l'excès d'insuline), sans compter les produits polluants que l'on retrouve dans le lait des vaches qui n'ont jamais vu ni l'air ni l'herbe...
Les consommateurs français commencent à prendre des distances par rapport à cette recommendation désuette. En 1997 ils consommaient 400 kg de produits laitiers par an, 10 ans plus tard plus que 371 kg. La consommation de lait a baissé de 20%, celle de beurre de 12%. Par contre celle des yaourts, déjà beaucoup plus intéressants de par la fermentation, surtout s'ils sont faits avec du lait bio et des souches de bifidus ou de lactobacillus (et sans un centimètre de confiture au fond du pot), a augmenté de 50%
Il y a beaucoup de produits riches en calcium qui n'ont pas de les inconvénients des produits laitiers et qui contiennent plus de bonnes choses comme les sardines entières (des oméga trois), les amandes et leurs dérivés (des fibres et du magnésium), l'eau minérale (zéro calories et du magnésium), le lait de soja enrichi ou le tofu (des phytooestrogènes protecteurs contre les cancers du sein et de la prostate), les olives (acides gras mono-insaturés), de nombreux légumes (antioxydants), les algues (iode)... Quant aux fromages qui font partie au combien de notre culture gastronomique, mieux vaut les déguster en petite quantité : une lichette avec un bon verre de vin rouge que d'en consommer des quantités. Cette orientation du choix des consommateurs de préférer la qualité à la quantité touche de plus en plus de produits, comme le vin rouge, le chocolat, le café... L'orientation vers les produits frais, bios, de terroir, artisanaux, d'origine contrôlée, labelisés... prend de l'ampleur.
Vous pouvez retrouver des développements sur les questions des produits laitiers, de leurs inconvénients et des alternatives dans le livre de Thierry Souccar : Lait, mensonges et propagande et dans le chapitre dédié aux Produits laitiers de Okinawa, un programme global pour mieux vivre qui vient de reparaître dans Le Livre de Poche.